Un logiciel de courtage en assurance réunit les fiches clients et prospects, les contrats, les quittances, les commissions et les sinistres, et produit les documents exigés par la réglementation : recueil des exigences et besoins, conseil motivé, informations précontractuelles et contrôles de lutte contre le blanchiment. Les plus complets ajoutent la gestion électronique des documents, la signature électronique, des tarificateurs et des échanges automatisés avec les assureurs.
Deux familles se distinguent : les logiciels de cabinet, pensés pour le conseil et la relation client, et les plateformes destinées aux courtiers qui gèrent des contrats pour le compte d'assureurs, appelés courtiers délégataires, ou qui les distribuent en gros. Cette page compare huit solutions françaises. Pour la seule relation commerciale, notre comparatif des logiciels CRM complète cette sélection.
Ce que nous avons relevé
Notre grille d'évaluation
Les notes de cette page sont une appréciation éditoriale. Nous n'avons déployé aucun de ces logiciels dans un cabinet et nous n'avons pas interrogé de courtiers. Chaque logiciel a été jugé sur sept critères, à partir des informations publiées par les éditeurs et des textes officiels.
- Conformité : recueil des exigences et besoins, conseil motivé, lutte contre le blanchiment, suivi de la formation et de l'ORIAS.
- Gestion : contrats, quittances, commissions, sinistres, plusieurs branches.
- Relation client : fiches, prospection, relances, espace client.
- Échanges avec les assureurs : extranets, échanges de données informatisés, tarificateurs.
- Documents : gestion électronique, signature électronique.
- Données : hébergement, export, réversibilité.
- Coût : tarif publié, options, reprise du portefeuille, engagement.
Le classement des huit logiciels
| Rang | Logiciel | Note | Profil idéal | Tarif relevé le 16/10/2026 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Modulr | 8,7 | Courtiers qui veulent une offre évolutive, du cabinet à la plateforme | De 39 à 89 € TTC par utilisateur et par mois |
| 2 | Smalltox | 8,3 | Grossistes et gestionnaires de contrats de groupe | Sur devis |
| 3 | Assur Office | 7,9 | Courtiers de proximité au budget serré | De 39 à 89 € HT par mois |
| 4 | Lya | 7,6 | Courtiers en santé, prévoyance et emprunteur | Dès 35 € par mois |
| 5 | Orisha Insurance | 7,4 | Courtiers délégataires à forts volumes | Sur devis |
| 6 | Korint | 7,2 | Courtiers délégataires et grossistes qui veulent un outil modulaire | Sur devis |
| 7 | MAIA | 7,0 | Cabinets qui veulent un CRM métier avec suivi de conformité | Sur devis |
| 8 | Assur3D | 6,8 | Courtiers qui veulent la conformité incluse à prix publié | De 39,90 à 79,90 € HT par utilisateur et par mois |
1. Modulr : 8,7
Modulr est édité par Ecilia, une société lyonnaise qui revendique plus de 650 clients et 2 500 utilisateurs. Le logiciel se décline en trois offres : Start pour les courtiers de proximité et les agents généraux, Up pour les courtiers en ligne, les grossistes et les réseaux, et Plateforme pour les grands courtiers, les assureurs et les mutuelles, en IARD comme en vie.
Points forts
- Une offre qui accompagne le cabinet, du courtier seul à la plateforme de gestion.
- Le suivi des commissions et des quittances manquantes, et les échanges de données avec les assureurs.
- La gestion électronique des documents et la signature numérique dans l'offre Start.
- Des données hébergées en Europe, ou sur les serveurs du client.
Points faibles
- La gestion déléguée des sinistres réservée aux formules Pro et Premium.
- Des fonctions de conformité citées de façon générale, sans détail publié.
- Les offres Up et Plateforme sur projet.
Tarifs. Selon la page de Modulr Start, la formule Starter coûte 39 € TTC par utilisateur et par mois en paiement annuel, Pro 69 € TTC et Premium 89 € TTC, avec 5 € de plus en paiement trimestriel.
Pour qui ? Modulr convient aux courtiers qui veulent démarrer avec un logiciel de cabinet et pouvoir évoluer vers une plateforme de gestion.
2. Smalltox : 8,3
Smalltox, société parisienne créée en 2008 et elle-même immatriculée comme courtier, propose une plateforme de distribution et de gestion de produits d'assurance de groupe, en santé, prévoyance et IARD. Elle s'adresse aux mutuelles, aux assureurs, aux institutions de prévoyance, aux courtiers grossistes et aux gestionnaires, et revendique 250 millions d'euros de primes gérées.
Points forts
- Un tarificateur détaillé, au cœur du produit.
- La souscription par signature électronique, avec double vérification par courriel et SMS.
- La gestion des commissions et des bordereaux, et des sinistres en IARD.
- Le contrôle quotidien de l'immatriculation ORIAS des apporteurs.
Points faibles
- Aucun prix publié.
- Pas un CRM de cabinet : l'outil vise la distribution de produits de groupe.
- Une conformité limitée, d'après le site, à l'édition des fiches de conseil.
Tarifs. Smalltox présente une offre par abonnement sur sa page dédiée, sans montant.
Pour qui ? Smalltox s'adresse aux grossistes, aux mutuelles et aux gestionnaires qui distribuent des contrats de groupe par un réseau d'apporteurs.
3. Assur Office : 7,9
Assur Office est édité par France Logidev, une petite société de Pantin. Ce logiciel pour courtiers de proximité et agents généraux réunit les fiches clients, la prospection, la gestion des documents, les bordereaux de commissions et la fiche conseil, en trois formules.
Points forts
- L'un des prix d'entrée les plus bas de ce comparatif.
- La reprise du portefeuille gratuite jusqu'à 100 clients.
- La fiche conseil automatique à partir de l'offre Standard.
- L'affichage du client qui appelle, en option.
Points faibles
- La récupération des données sur les extranets, les quittances et le suivi des sinistres réservés à l'offre Premium.
- La signature électronique et l'accès web au portefeuille encore en développement.
- Pas d'outil de lutte contre le blanchiment.
Tarifs. Selon le site de l'éditeur, l'offre Économique coûte 39 € HT par mois, Standard 59 € HT et Premium 89 € HT, plus 15 € HT par poste supplémentaire.
Pour qui ? Assur Office convient aux courtiers de proximité qui veulent un outil simple et peu coûteux, à condition de choisir l'offre Premium pour les extranets.
4. Lya : 7,6
Lya est édité par Lya Protect, une société lyonnaise créée en 2018 qui revendique plus de 700 cabinets. Le logiciel couvre l'entrée en relation, le recueil des besoins et le devoir de conseil, la souscription et le suivi des sinistres, avec une place de marché de tarificateurs en santé, prévoyance et emprunteur.
Points forts
- L'entrée en relation, le recueil des besoins et le devoir de conseil inclus.
- Des tarificateurs connectés en santé, prévoyance et emprunteur.
- La signature électronique et le suivi des sinistres.
- Des données hébergées en France et des formules sans engagement.
Points faibles
- La lutte contre le blanchiment et la gestion des bordereaux en option.
- Des prix affichés sans préciser s'ils sont hors taxes ou toutes taxes comprises.
Tarifs. Selon la page de tarifs, la formule Starter démarre à 35 € pour un utilisateur, Professionnel à 149 € pour deux utilisateurs et Entreprise à 296 € pour trois utilisateurs.
Pour qui ? Lya s'adresse aux courtiers en santé, prévoyance et assurance emprunteur qui veulent un parcours complet, du conseil à la souscription.
5. Orisha Insurance : 7,4
Orisha Insurance réunit au sein du groupe Orisha les anciens éditeurs CIM et Infoelsa, avec les progiciels Ciriselsa pour l'IARD, la vie et la santé, et Protect pour la santé et la prévoyance. Ils s'adressent aux assureurs, aux mutuelles et aux courtiers qui gèrent des contrats par délégation. L'éditeur revendique 5 000 utilisateurs et 15 millions d'assurés.
Points forts
- La gestion complète des contrats et des sinistres pour tous types de produits.
- Un outil éprouvé sur de très gros volumes.
- Une solution santé hébergée selon la norme des données de santé.
Points faibles
- Aucun prix publié.
- Pas un CRM de cabinet.
- Aucune fonction de conformité au conseil ou à la lutte anti-blanchiment décrite.
Tarifs. Orisha Insurance propose un contact sur sa page dédiée aux courtiers, sans tarif affiché.
Pour qui ? Orisha Insurance convient aux courtiers délégataires de gestion et aux réseaux qui traitent de forts volumes de contrats.
6. Korint : 7,2
Korint, société de Nanterre créée en 2022, propose une plateforme modulaire pour les courtiers délégataires et les grossistes : gestion des contrats et des avis d'échéance, commissionnement, extranet de distribution, sinistres et assistant d'intelligence artificielle. L'éditeur précise que Korint n'est pas un CRM et se branche sur ceux du marché.
Points forts
- Cinq modules à combiner selon les besoins.
- La gestion des sinistres, de la déclaration au règlement.
- Pas de licence par utilisateur ni de frais d'intégration annoncés.
- Un hébergement en Europe, avec les certifications ISO 27001 et SOC 2.
Points faibles
- Aucun prix publié : la facturation dépend du volume traité.
- Pas de CRM intégré.
- Peu d'assureurs listés parmi ses partenaires.
Tarifs. Korint annonce sur son site une tarification au succès, selon le volume traité, sur démonstration.
Pour qui ? Korint s'adresse aux courtiers délégataires et aux grossistes qui veulent numériser leurs portefeuilles avec un outil modulaire.
7. MAIA : 7,0
MAIA est un logiciel CRM pour courtiers et agents généraux, édité par MAIA Logiciels, une société toulousaine créée en 2020. Il gère les clients, les contrats, les sinistres, les quittances et les bordereaux, avec une comptabilité de mandataire et un suivi de la conformité.
Points forts
- Un tableau de suivi de la conformité sur les registres demandés par l'ACPR.
- L'édition des fiches d'information et de conseil.
- Les échanges avec les assureurs par la plateforme EDI Courtage.
- Le classement automatique des échanges avec les clients.
Points faibles
- Aucun prix publié.
- La lutte contre le blanchiment non mentionnée explicitement.
Tarifs. MAIA propose une démonstration sur sa page de présentation, sans tarif affiché.
Pour qui ? MAIA convient aux cabinets qui veulent un CRM métier avec un suivi de conformité et une comptabilité de mandataire.
8. Assur3D : 6,8
Assur3D est édité par Optengo, une société parisienne. Ce CRM pour courtiers et agents généraux inclut dans chaque formule un socle de conformité : document d'entrée en relation, devoir de conseil, vérification d'identité et détection du gel des avoirs, avec un catalogue des produits des compagnies partenaires.
Points forts
- Le devoir de conseil et la lutte contre le blanchiment inclus dans toutes les formules.
- Des prix publiés et un essai gratuit de 14 jours, sans engagement.
- La signature électronique et un catalogue de produits.
- Des données hébergées en Europe, dans des centres certifiés pour les données de santé.
Points faibles
- De nombreuses options payantes, comme le contrôle quotidien du gel des avoirs à 15 € HT par mois.
- La formule d'entrée réservée aux courtiers installés depuis moins de deux ans.
- Des connexions aux extranets des assureurs non documentées.
Tarifs. Selon la page de tarifs, la formule Essentiel coûte 39,90 € HT par utilisateur et par mois, Croissance 59,90 € HT et Premium 79,90 € HT. La prise en main de huit heures coûte 320 € HT.
Pour qui ? Assur3D s'adresse aux courtiers qui veulent une conformité incluse et un prix connu d'avance.
Ce que la réglementation impose
- Le devoir de conseil. Avant tout contrat, le courtier précise par écrit les exigences et les besoins du client, lui propose un contrat cohérent et motive son conseil, selon l'article L521-4 du code des assurances, issu de la directive sur la distribution d'assurances.
- L'information précontractuelle. Le courtier communique son identité, son numéro ORIAS, ses procédures de réclamation et la nature de sa rémunération, selon l'article L521-2. En assurance non-vie, il remet le document d'information normalisé sur le produit.
- La formation continue. Chaque personne concernée suit au moins quinze heures de formation par an, et le cabinet doit pouvoir produire la liste des formations suivies, avec l'organisme, la date, la durée et les thèmes, selon l'article R512-13-1.
- L'ORIAS et l'association professionnelle. Le courtier est immatriculé au registre de l'ORIAS et renouvelle son immatriculation chaque année, à 25 € par catégorie selon l'ORIAS. Il justifie d'une assurance de responsabilité civile professionnelle et, s'il encaisse des fonds, d'une garantie financière. Depuis la réforme du courtage de 2021, il doit aussi adhérer à une association professionnelle agréée par l'ACPR.
- La lutte contre le blanchiment. Tous les intermédiaires d'assurance y sont soumis, sauf ceux qui agissent sous l'entière responsabilité d'un assureur ou d'un courtier, selon l'article L561-2 du code monétaire et financier. L'ACPR précise que l'obligation s'applique même sans réception de fonds. Le courtier classe les risques, vérifie l'identité de ses clients, déclare ses soupçons à Tracfin et applique le gel des avoirs.
- La conservation du conseil. L'ACPR recommande de conserver le recueil des besoins et le conseil motivé pendant toute la durée du contrat, puis pendant la prescription, dans sa recommandation 2024-R-03. Elle demande aussi de recontacter régulièrement les clients, par exemple après quatre ans sans opération sur un contrat d'assurance vie.
- Les résiliations. Après un an, un particulier peut résilier sans frais ses contrats auto, habitation et complémentaire santé, selon l'article L113-15-2. Depuis la loi Lemoine, l'assurance emprunteur se résilie à tout moment, et un contrat souscrit en ligne doit pouvoir être résilié en ligne.
- Les données des clients. Le RGPD ne fixe pas de durée : les données se conservent selon les délais de prescription du secteur, et les données de prospects trois ans après le dernier contact, selon la CNIL. Les actions dérivant d'un contrat d'assurance se prescrivent en principe par deux ans.
Comment choisir selon votre cabinet
Courtier de proximité qui s'installe
Assur3D inclut la conformité dans sa formule Essentiel, à 39,90 € HT par mois pour les courtiers installés depuis moins de deux ans. Assur Office et Modulr Start démarrent aussi autour de 39 € par mois, avec des fonctions qui varient selon la formule.
Cabinet en santé, prévoyance ou emprunteur
Lya réunit le recueil des besoins, des tarificateurs connectés et la souscription signée en ligne. Smalltox convient si le cabinet distribue des contrats de groupe par un réseau d'apporteurs.
Cabinet qui veut piloter sa conformité
MAIA suit la situation du cabinet sur les registres demandés par l'ACPR et édite les fiches de conseil. Assur3D inclut la vérification d'identité et la détection du gel des avoirs, et Lya les propose en option.
Courtier délégataire ou grossiste
Orisha Insurance et Korint gèrent les contrats et les sinistres pour le compte des assureurs, à forts volumes. Modulr propose aussi des offres pour les grossistes et les grands courtiers.
CRM généraliste ou logiciel de courtage
Un CRM généraliste gère les contacts et les opportunités, mais pas les quittances, les commissions par compagnie, le recueil des besoins ni la lutte contre le blanchiment. Il peut compléter une plateforme de gestion comme Korint, qui se branche sur les CRM du marché, sans remplacer un logiciel de cabinet.
Les cinq erreurs à éviter
- Croire que la conformité est incluse. Vérifiez sur un dossier réel que le logiciel produit le recueil des besoins, le conseil motivé et les contrôles anti-blanchiment, et regardez s'ils sont vendus en option.
- Choisir sans vérifier les échanges avec les assureurs. Demandez la liste des assureurs réellement connectés et la formule qui les inclut.
- Confondre logiciel de cabinet et plateforme de gestion. Un courtier qui conseille des particuliers n'a pas les mêmes besoins qu'un délégataire qui gère des contrats pour un assureur.
- Oublier la reprise du portefeuille. Faites chiffrer la reprise des clients, des contrats et des historiques avant de signer.
- Négliger la sortie. Vérifiez que vous pourrez exporter vos dossiers et vos preuves de conseil, qui doivent être conservés au-delà de la fin du contrat.
FAQ : logiciel de courtage en assurance
Quel est le meilleur logiciel de courtage en 2026 ? Modulr (8,7) est notre premier choix pour un courtier qui veut une offre évolutive, du cabinet à la plateforme de gestion. Smalltox (8,3) convient aux grossistes et aux gestionnaires de contrats de groupe, et Assur Office (7,9) aux courtiers de proximité au budget serré.
Combien coûte un logiciel de courtage ? Lya démarre à 35 € par mois, Modulr à 39 € TTC par utilisateur et par mois en annuel, Assur Office à 39 € HT par mois et Assur3D à 39,90 € HT par utilisateur et par mois. Smalltox, Orisha Insurance, Korint et MAIA sont sur devis.
Un logiciel est-il obligatoire pour respecter la DDA ? Non. Mais le courtier doit consigner par écrit les exigences et besoins du client, motiver son conseil et pouvoir le prouver. Un logiciel qui produit et conserve ces documents facilite les contrôles.
Un courtier est-il soumis à la lutte contre le blanchiment ? Oui, tous les intermédiaires d'assurance le sont, sauf ceux qui agissent sous l'entière responsabilité d'un assureur ou d'un courtier, et même sans encaisser de fonds. Le courtier doit classer les risques, vérifier l'identité de ses clients, déclarer ses soupçons à Tracfin et appliquer le gel des avoirs.
Combien d'heures de formation un courtier doit-il suivre ? Au moins quinze heures par an. Le cabinet doit pouvoir produire la liste des formations suivies, avec l'organisme, la date, la durée et les thèmes.
Combien de temps conserver les preuves du conseil ? Aucun texte ne fixe de durée chiffrée. L'ACPR recommande de les conserver pendant toute la durée du contrat, puis pendant la prescription, qui est en principe de deux ans et peut atteindre dix ans en assurance vie.
Un CRM généraliste peut-il remplacer un logiciel de courtage ? Non. Il ne gère ni les quittances, ni les commissions par compagnie, ni le recueil des besoins, ni la lutte contre le blanchiment. Il peut compléter une plateforme de gestion, sans remplacer un logiciel de cabinet.
Combien coûte l'immatriculation ORIAS ? 25 € par catégorie, à renouveler chaque année. Le courtier doit aussi adhérer à une association professionnelle agréée et justifier d'une assurance de responsabilité civile professionnelle.



